Combien de lamelles pour un diaphragme ?

Le diaphragme assure une fonction essentielle à l’objectif photo, permettant de moduler le flux de lumière ainsi que le flou, mais sa construction et son nombre de lamelles influe aussi sur la qualité de la photo.

Le diaphragme est situé dans l’objectif, et est constitué de lamelles (ou pétales) articulées, qui peuvent s’ouvrir ou se fermer afin d’augmenter ou diminuer le diamètre du « trou » laissant passer la lumière à travers l’objectif.

Un mauvais diaphragme nuit au « bokeh » !

En fermant le diaphragme, les lamelles se chevauchent et permettent de réduire l’ouverture. Le problème est qu’en fermant le diaphragme, les lamelles du diaphragme donnent une forme de polygone dépendant de leur nombre. Cela a très peu d’impact sur le rendu de la zone nette de la photo, mais dans les parties floue, une forme trop anguleuse (pentagone, hexagone) a tendance à rendre le bokeh nerveux et donc pas très plaisant. 

C’est souvent le cas des objectifs d’entrée de gamme, comme ceux qui équipent les zoom de kit, qui comportent peu de lamelles (généralement 5 ou 6). La parade trouvée sur les objectif plus haut de gamme est d’augmenter ce nombre de lamelles.

Cette solution, privilégiée dans les années 60 et 70, ont abouti à la conception d’objectifs comportant un nombre de lamelles de diaphragme impressionnant. L’exemple le plus connu est le Pentacon 135 F/2.8 Preset, surnommé « bokeh monster » par la volupté des flous qu’il produit grâce à ses 15 lames de diaphragme. Le record que j’ai pu trouvé est même de 24 lames pour le Noflexar 5.6/400mm !

Le nombre de lamelles ne fait pas tout !

L’ennui avec cette profusion de lamelles est que la mécanique s’en trouve plus sensible, et le démontage périlleux même pour l’opticien le plus aguerri… sans compter un coût de production élevé. Ainsi, l’arrivée des calculs par ordinateur ont permis de concevoir des lamelles de diaphragme dont la courbe permet d’arrondir au maximum l’ouverture avec un nombre réduit de lamelles. Aujourd’hui donc, un objectif aux pétales arrondies, même peu nombreuse, surpasse un objectif au diaphragme classique, même s’il en contient un nombre important.

Ainsi, dans les objectifs modernes, il est rare de trouver plus de 9 lamelles dans un diaphragme, avec un résultat qui reste plus que satisfaisant à la plupart des ouvertures. La plupart des objectifs Canon de gamme L utilisent ainsi des diaphragmes 8 lamelles arrondies, quand les Nikon ou Sigma en comptent généralement 9 également arrondies. Les Pentax limited et star comptent 8 ou 9 lamelles, selon leur période de conception. Enfin, les Zeiss Otus, considérés comme la rolls des optiques à ce jour, embarquent des rasoirs euh… diaphragmes 9 lames.

D’une manière générale, si vous êtes sensibles à la qualité des flous, évitez au possible les objectifs dotés de diaphragmes à 5 ou 6 pétales, et tournez-vous vers celles aux lamelles arrondies en comptant 7 et plus.