Comprendre l’ouverture d’un objectif

L’ouverture d’un objectif est une caractéristique essentielle de celui-ci. Bien comprendre cette grandeur vous permettra de mieux les choisir et les dompter.

De l’ouverture absolue à l’ouverture relative

Reprenons l’image simplifiée d’un objectif : un tube, avec une lentille au bout. Dans ce cas simpliste, la distance focale serait la distance entre la lentille et le capteur (ou le film, dans le cas de l’argentique).

Son ouverture absolue serait alors simplement le diamètre du tube. De ce diamètre dépend la quantité de lumière qui entre dans le tube. Mais, comme la quantité de lumière qui traverse le tube dépend aussi de sa longueur, on utilise une autre grandeur : l’ouverture relative. C’est cette mesure qui importe le plus en photographie, car c’est la quantité de lumière qui arrivera directement sur la surface sensible.

La notation de l’ouverture d’un objectif

Ce que l’on appelle communément « ouverture » (comme on le désignera par la suite de cet article), à savoir l’ouverture relative donc, correspond à la la focale divisée par l’ouverture absolue. On note cette grandeur f/##, ou plus souvent F/## et parfois 1/##. Par exemple : F/2.8

Plus le diviseur est petit, plus la quantité de lumière sera importante. F/4 est plus lumineux que F/8.

Quelles sont les ouvertures possibles ?

Théoriquement, toute les ouvertures sont possibles. Dans la pratique, les grandes ouvertures sont difficiles à obtenir. L’objectif le plus lumineux jamais construit avait une ouverture de F/0.7, mais dans le commerce, les objectifs à ouverture plus grande que F/1.4 sont rares.

Chaque objectif à une ouverture maximale (noté dans sa dénomination), que l’on peut ensuite moduler grâce au diaphragme, qui sert à moduler le diamètre d’ouverture à la manière d’un robinet.

Ainsi, il est couramment possible diminuer cette ouverture jusqu’à F/22, certains objectifs permettent d’aller au-delà.

Les valeurs les plus courantes sont les suivantes :

F/1.2, F/1.4, (F/1.8), F/2, F/2.8, (F/3.5), F/4, F/5.6, F/8, F/11, F/16, F/22

Si on écarte les valeurs entre parenthèse, il est à noter qu’à chaque valeur de cette liste la quantité de lumière qui passe est divisée par deux. Ainsi, entre F/2 et F/8, le flux lumineux est divisé par 16 !

Quelques repères pratiques pour les focales fixes

Pour les objectifs à focale fixe (sans zoom) classique, on considère qu’une ouverture maximale supérieur à F/1.8 (F/1.4 par exemple) est importante. On dit de cet objectif qu’il est lumineux.

Comme l’ouverture dépend de la focale, les longs téléobjectifs sont généralement moins lumineux. Ainsi, une ouverture de F/2.8 pour un 300mm est déjà plus qu’honorable. C’est aussi le cas des objectifs très grand-angle (offrant un champ très large) du fait de leur construction complexe.

… et pour les zooms

Offrir une focale variable n’est pas sans conséquence sur la luminosité possible. La plupart des zooms bon marché ont une focale variable : plus vous zoomez, plus la quantité de lumière diminue. Les objectifs les plus courants ouvrent ainsi au mieux à F/3.5 à leur plus courte focale, et seulement F/5.6 en bout de zoom.

Certaines objectifs offrent tout de même une ouverture fixe sur toute leur course. On parle d’objectif à ouverture constante. Les objectifs les plus lumineux disponibles sur reflex ouvrent à F/2.8, ce qui est considéré comme une très bonne valeur. Il faut noter que Sigma a sorti en 2013 un zoom ouvrant à F/1.8, presque un exploit !

Vous comprendrez que dans les conditions d’éclairage difficile, il vaut mieux opter pour une focale fixe. Un très bon zoom ouvrant à F/2.8 laissera passer 4 fois moins de lumière qu’un 50 mm F/1.4, objectif incontournable de la sacoche du photographe amateur ou professionnel.