Distance focale, ouverture, ED, L, USM, IF… décrypter les noms d’objectifs

CANON 18-135MM F/3.5-5.6 EF-S IS STM, NIKON 45MM PC-E MICRO NIKKOR F/2.8D ED ou PENTAX 35MM MACRO F/2.8 HD LIMITED DA vous paraissent chinois ? Après cet article, vous saurez déchiffrer ces noms barbares !

Au commencement, les objectifs étaient de simples lentilles convergentes, le genre qu’on voit en labo de physique ou chez son ophtalmologiste… mais, pour corriger les défauts optiques, augmenter la luminosité ou permettre de zoomer, les objectifs photo peuvent intégrer jusqu’à 20 éléments, sans parler de la mécanique, de l’électronique et des traitements des lentilles, que le marketing s’empresse de faire figurer dans le nom des optiques, faisant le bonheur des fabricants d’aspirine ! Mais rassurez-vous, il est facile de s’y retrouver.

Comment lire un nom d’objectif ?

Si aucune norme absolue existe entre les différents constructeurs, il existe heureusement un consensus sur l’ordre d’apparition des principaux paramètres :

MARQUE – FOCALE – OUVERTURE – (le reste)

La marque (parfois accompagnée du nom de la monture), tout le monde sait ce que ça veut dire, passons directement à la suite…

La focale de l’objectif (en mm)

La focale de l’objectif est la distance focale de ce dernier entre le plan principal image et le foyer image. Vous ne saisissez pas ? C’est pas grave. Ce qu’il faut retenir, c’est que plus la focale est grande, plus les objets lointains apparaîtront grands.

Si une seule distance focale est indiquée dans le nom de l’objectif (par exemple : 50mm), il s’agit d’une focale fixe, qui ne zoome pas (comme les meilleurs objectifs, mais aussi les appareils jetables et autres smartphones)

Si en revanche deux nombres sont donnés (ex.: 28-135 mm), alors la focale est variable, ce qui signifie que vous pouvez zoomer. Si vous êtes adeptes du « nombre de fois » que ça zoome, divisez la plus grande valeur à la plus petite (dans cet exemple : 135/28 = 4,8).

L’ouverture de l’objectif

Imaginez que l’objectif soit un tube. Plus il est long (focale) et étroit (ouverture absolue), moins la lumière passera au travers. En divisant la focale par l’ouverture absolue (le « diamètre »), on obtiens l’ouverture relative maximale, appelée communément juste « ouverture » de l’objectif, notée f/## ;  F/## ou 1/##.

Dans le cas d’une focale fixe, une seule valeur est donnée, par exemple F/1.8.

Dans le cas d’un zoom (focale variable), l’ouverture peut être constante sur toute la course de l’objectif et ne comporter qu’une valeur (c’est le cas en général des optiques haut de gamme), mais le plus souvent, cette ouverture varie et diminue en zoomant (imaginez un tube qui s’allonge en gardant le même diamètre).

Dans ce cas, le nom de l’objectif porte deux valeurs d’ouverture, notée F/##-##. La première valeur est l’ouverture maximale à la première focale, la seconde… à la seconde !

Si on reprend notre 28-135mm, s’il est noté F/3.5-5.6, cela signifie qu’il sera ouvert au maximum à F/3.5 à 28mm, mais seulement à F/5.6 à 135mm.

Note : il s’agit à chaque fois de l’ouverture maximale. Le diaphragme permet de la réduire selon le besoin, parfois cette valeur maximale (généralement comprise entre F/16 et F/32) est précisée, mais c’est rarement une information essentielle.

…et le reste ?

La suite des appellations d’objectif est beaucoup plus complexe, et surtout dépend beaucoup du folklores des marques… par exemple, la présence de motorisation sonique sera estampillée USM chez Canon, HSM chez Sigma, SDM chez Pentax ou encore SWM chez Nikon… cela sera l’objet de plusieurs autres articles pour en venir à bout ! 😉