Qu’est-ce que le traitement des lentilles d’objectif photo ?

Les objectifs modernes vantent souvent les mérites de leurs traitement des lentilles (ou coating, en anglais). Apprenez à comprendre de quoi il s’agit, et ce qu’il apporte.

Pourquoi les objectifs ont besoin d’un traitement des lentilles ?

Pour comprendre la nécessité de traiter les lentilles, il faut s’intéresser un tout petit peu à la physique. Lorsque la lumière passe d’un milieu à un autre (par exemple, entre l’air et le verre), une partie de cette lumière est réfléchie, quand l’autre est réfractée (déviée). L’ennui, est qu’un objectif comporte de nombreuses lentilles, multipliant cet effet.

Il en résulte d’une part une perte de lumière plus ou moins importante (de 10 à 20% en moyenne), ainsi que que des réflexions, particulièrement marquées en cas de sources de lumière importantes, comme le soleil (on appelle cela communément le flare).

Histoire des traitements, du single coating au multi-coating

Pour réduire ces effets, les opticiens ont eu l’idée dès la fin du 19e siècle d’utiliser une couche mince d’un matériau transparent ayant un indice de réfraction inférieur au verre, afin d’adoucir l’effet de cette transition, et donc la réflexion. Mais il faudra attendre 1941 pour que Kodak commercialise la première ligne d’objectif single coated, autrement dit ayant reçu une seule couche de traitement, généralement limité à la lentille frontale.

La véritable révolution viendra d’Asahi Optical (qui ne s’appelle pas encore Pentax), qui en 1971 sors la gamme Takumar, première gamme d’objectifs intégralement multi-traitée. La multiplication des couches de traitement, de quelques nanomètres d’épaisseur chacune, permet de réduire les reflets pratiquement à néant et d’assurer une transmission de la lumière d’un bout à l’autre de l’objectif de plus de 97%. Le Super Multi-Coating (SMC) est une méthode de traitement qui existe encore dans la gamme Pentax.

Une technologie en constante évolution

Si depuis 30 ans la perte de lumière n’est plus une problématique, toutes les marques ayant adopté des traitements multi-couches performants, la hache de guerre technologique n’est pas pour autant finie.

Depuis, d’autres techniques de coating, comme celui à base de nanocristaux (nano crystal coating) proposés entre autres par Nikon, égalent voire surpassent les traitements multicouche classique, qui se réinventent pour rester dans la course.

Avec le temps, ces traitements permettent de supprimer presque entièrement les reflections et flare, tout en contribuant à améliorer le pouvoir de résolution des optiques (et donc le détail qu’ils permettent de restituer). Ce dernier point est le principal levier d’innovation des opticiens, cherchant à produire des objectifs capable de rassasier des capteurs toujours plus fournis en mégapixels.

Les autres types de traitements

En dehors des traitements antireflet, les objectifs peuvent disposer d’autres types de traitement également utiles, plutôt pour leur aspect pratique que pour leur intérêt optique.

  • Les traitements de protection, qui consiste à déposer une fine couche de matière très dure permettant de prévenir les rayures
  • Les traitements hydrophobes, qui empêchent à l’eau d’adhérer à la surface, réduisant la salissure
  • Les traitements antistatiques, prévenant le dépôt de poussières sur la lentille frontale